Des nouveautés fonctionnelles pour les réseaux sociaux sur fond d’uniformisation et de convergence
Facebook a rajouté la fonction note qui permet d’épingler à un instant donné une information ou un élément multimédia comme une musique à son profil. Dans les posts, une fonction peut être activée pour indiquer si un contenu a été rédigé à l’aide d’une IA générative. Les fonctions en lien avec le métavers et la réalité augmentée sont dans les cartons. Pour X, c’est le pari des crypto-monnaies et des NFT pour élargir l’audience outre le fait que le nombre de comptes certifiés progresse. LinkedIn propose du développement personnel avec des sessions de coaching en ligne alors qu’Instagram se tourne vers le direct shopping qui est proposé depuis plusieurs mois par TikTok. TikTok prend le chemin inverse de YouTube, qui mise sur des vidéos de qualité en 8K et qui avait introduit ses shorts, avec des vidéos plus longues pour capter l’audience plus longtemps. Reddit, bien que peu développé en France, a introduit des fonctions de sondage comme pour LinkedIn et X et développe ses communautés thématiques. Threads sans faire de bruit est la plus sérieuse alternative à X même s’il fait un peu penser à un Tumblr.
La « facebookisation de LinkedIn » s’est accentuée pendant l’épidémie de Covid alors qu’il s’agit d’un réseau professionnel. Des sujets plus personnels et à la fois plus politiques et polémiques sont davantage abordés avec des convictions fortes. La tiktokisation d’Instagram et de Facebook se poursuit pour sa part. On est en droit de se demander si l’étape d’après ne sera pas la tiktokisation de LinkedIn…
On retrouve néanmoins sur les réseaux sociaux de plus en plus de fonctionnalités similaires : les stories (Instagram, Snapchat, Facebook bien que supprimées sur LinkedIn), les vidéos courtes (TikTok, Instagram avec ses Réels, YouTube), les vidéos en direct (Facebook Live, Instagram Live, YouTube Live) et les hashtags apparus sur Twitter un peu repris partout. Cette convergence se retrouve également au niveau des couleurs des logos des réseaux sociaux où l’on peut distinguer 3 périodes (bleue, rouge et noire) au fil du temps.
Rétention de l’audience au sein du réseau social considéré et logique d’écosystème
Tout est fait pour capter l’attention de l’internaute au sein du réseau social et le dissuader d’en sortir. C’est le temps de cerveau disponible qui doit être au service du réseau social et l’alimenter en données personnelles. Cela apporte une grande partie de la valeur marketing de l’outil. Ainsi les liens externes qui sont adjoints dans les posts sont pénalisés par les algorithmes, rendant ceux-ci moins visibles. Néanmoins, il convient de ne pas perdre de vue qu’être sur un réseau social est plus précaire que de disposer d’un site ou d’un blog : on n’est pas maître de son contenu et on peut également être déplateformisé si des signalements sur un post sont effectués avec une part d’arbitraire même si la volonté est de lutter contre la haine en ligne et les fakes news.
A contrario joindre une image ou un élément multimédia est valorisé.
Les liens avec d’autres réseaux sociaux qui sont proposés par des réseaux sociaux sont faits pour partager les publications au-delà dudit réseau social mais in fine aussi amener de l’audience.
Sur Facebook, le partage sur Instagram est possible alors que sur Instagram les publications (sauf Réels et vidéos) sont partageables sous Threads. C’est la logique de Groupe Meta avec des liens entre tous les outils. Sur TikTok, il est possible de trouver des amis sur Facebook via l’interfaçage entre ces deux applications permettant de capter une audience. Avec Clubhouse on peut mentionner ses profils X et Instagram, etc.
Premiumisation du contenu et monétisation
Un point commun entre les réseaux sociaux est la fin de la gratuité ou du moins une dégradation fonctionnelle avec un retour aux services de base si on ne paie pas. On constate une monétisation et une premiumisation partout, notamment pour avoir moins de publicité, plus de visibilité de ses publications et quelques fonctionnalités additionnelles. C’est surtout le cas pour Facebook, Instagram et X avec des formules d’abonnement mensuel (et annuel plus avantageuse). Pour être davantage visible, il faut soit créer du contenu pertinent à valeur ajoutée et gagner en notoriété au fil du temps un peu comme le référencement naturel soit payer pour être visible alors que l’achet d’abonnés est moins en vogue et n’est pas forcément une bonne stratégie pour le long terme : c’est à l’image du référencement payant.
Des revenus sont reversés par des utilisateurs de réseaux sociaux comme YouTube, X, Instagram, TikTok mais il convient d’avoir une très grande audience et beaucoup d’engagement. Avant de se lancer dans la création rémunérée, il est intéressant d’étudier ses propres analytics sur les réseaux sociaux que l’on a investis pour comprendre son audience. La majorité des utilisateurs sur les réseaux sociaux les utilise pour interagir, consulter du contenu et en partager ou encore en créer.
En outre, les partenariats des réseaux sociaux avec les marques sont plus forts dans une logique de création de valeur mutuelle même si la profitabilité des formules Ads profite davantage aux acteurs des réseaux sociaux eux-mêmes.
La modération reste un casse-tête et demeure probabiliste comme pour les contenus générés avec de l’IA générative
La modération algorithmique reste privilégiée car elle s’avère moins coûteuse pour les réseaux sociaux. X par exemple modère des contenus tout en ayant moins de personnel du fait des coupes engagées sous l’égide d’Elon Musk. X s’appuie aussi sur les signalements des utilisateurs eux-mêmes avec un processus d’escalade et de bannissement qui reste toutefois assez opaque. Mais la modération humaine reste primordiale pour le traitement des cas complexes avec les subtilités de la langue, les seconds degrés, etc. C’est aussi un prix à payer par rapport à la législation qui, avec le DSA et sa transposition dans le droit des Etats membres de l’Union européenne, a un coût. Ceci est répercuté indirectement sur les internautes avec les formules payantes proposées.
Influenceurs et recherche de l’authenticité par les marques
Le recours aux influenceurs par les marques est indéniable. Il est désormais davantage effectué avec discernement pour bénéficier de contenus plus authentiques et engageants, synonymes de confiance. La portée et l’engagement restent les métriques principalement utilisées. Des campagnes plus ciblées et personnalisées voient le jour. Les créateurs de contenu et les micro-influenceurs passionnés par une marque ou une thématique sont davantage prisés que les influenceurs traditionnels qui ont certes une aura plus grande mais sont souvent plus éloignées des produits et des services qu’ils incarnent moins. La qualité semble prendre le pas sur la quantité à présent. La réputation des marques est en effet en jeu.
Le recours aux IA et en particulier génératives
L’intelligence artificielle générative est utilisée pour améliorer l’expérience utilisateur et produire du contenu avec des gains de temps considérables que ce soit pour le texte ou des éléments multimédia.
LinkedIn ne se prive pas d’y recourir pour aider les utilisateurs à créer du contenu plus ou moins pertinent (rédaction de fiches de postes, de posts, d’articles et de commentaires), recourt à des chatbots pour répondre aux questions des utilisateurs et les guider dans l’utilisation de LinkedIn. Celle-ci s’est complexifiée au fil du temps du fait des nouvelles fonctions apparues.
X utilise l’IA générative pour aider dans les recommandations telles des suggestions de centres d’intérêt ou des tweets qui correspondent aux souhaits de chaque utilisateur. La connexion avec des outils comme Gemini peut aider à la génération automatique de réponses en se basant sur des tendances et des discussions du moment, les trending topics.
Facebook et Instagram utilisent l’IA pour la personnalisation des fils d’actualité de chaque utilisateur ainsi que pour détecter les contenus inappropriés ainsi que non autorisés (musique avec des droits d’auteur par exemple). L’IA peut être utilisée pour la suggestion de la description de photos et de hashtags.
2025 sera l’année de maturité des réseaux sociaux avec convergence des fonctions, monétisation accrue et recours à l’IA générative.

David Fayon
Expert numérique et transformation digitale, directeur de projets innovation, auteur (Pro en réseaux sociaux, La transformation digitale pour tous !, etc.), conférencier.





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