Les 7 principaux réseaux sociaux et leurs péchés capitaux ou défis à surmonter

Voici 12 ans je publiai ce billet sur le spleen induit par les réseaux sociaux et évoquai quelques possibles remèdes. Même si les usages sont devenus plus mûrs, si on examine les 7 principaux réseaux sociaux on peut constater quelques challenges auxquels ils doivent faire face.

#1 Facebook

Le numéro 1 des réseaux sociaux (plus de 2,8 milliards de comptes sur la planète), désormais au sein du Groupe Meta (avec Instagram, WhatsApp, Messenger, etc.), est confronté au vieillissement de ses utilisateurs – les jeunes étant moins enclins à créer un compte sur cet outil -, à de nombreux comptes fantômes parfois même de personnes décédées même s’il existe des pages « En souvenir de », et surtout à une baisse de la portée des publications (le reach). Pour être visible, il convient de payer des campagnes ciblées. Les jeunes le délaissent pour le trio TikTok, Instagram et Snapchat et des formats de vidéos courtes plus conviviaux.

#2 Twitter 

Après le rachat par Elon Musk finalisé le 27 octobre 2022, beaucoup d’évolutions ont été constatées, par toujours dans le bon sens (suppression de la moitié des effectifs, certains comptes bannis ont été replateformisés, plus ceux à forte communauté et vitalité indépendamment de la teneur et de la véracité des messages, suppression des badges bleus historiques et fonctions premiums du nouveau badge bleu à condition de payer, orientation plus marketing avec par exemple le nombre de vues d’un tweet, Twitter Spaces qui ubérise Clubhouse, accès à l’API via un abonnement, etc.). Des alternatives sont possibles (Mastodon, Bluesky par l’ex fondateur de Twitter Jack Dorsey) et surtout Threads dans le combat entre Musk et Zuck même si pour l’heure l’accès n’est pas possible en Europe. En 5 jours, 100 millions de comptes ont été créés, certes liés à Instagram, ce qui constitue un record. C’est sur le terrain du micro-blogging et de l’information en continue que le combat fait le plus rage.

#3 LinkedIn

Le réseau social professionnel, propriété de Microsoft, se facebookise. Les posts ne sont plus purement professionnels. Nous constatons beaucoup d’articles en rapport avec les soft skills et les mad skills qui permettent des retours sur soi, la question du sens du travail avec aussi des interrogations psychologiques, environnementales et sociétales. La visibilité des posts liée à l’algorithme est surtout limitée à son cercle créant des bulles sociales sauf si ce pallier est extraordinairement franchi. Le réseau social a fait machine-arrière sur les stories et permet depuis peu des affiliations à des entreprises pour se recentrer sur le côté professionnel.

#4 Instagram

Le fer de lance de Meta continue sa progression avec près de 2 milliards d’utilisateurs. Les fonctions comme les stories et les réels sont un véritable succès avec aussi une uniformisation des fonctions constatée entre les différents réseaux sociaux (hashtag ou compte certifié de Twitter, story de Snapchat, etc.). Néanmoins le réseau social induit une dévalorisation de l’image de soi, tout le monde se présentant sous son meilleur jour avec la possibilité de retoucher et de sublimer des photos. Ceci constitue un réel – sans jeu de mots – danger pour les adolescentes en particulier. Les marques l’employant pour le social selling peuvent être l’objet d’attaques pour détourner des paiements effectués pour des achats.

#5 YouTube

Seul réseau social du groupe Alphabet (Google & co) depuis l’arrêt de Google + en 2018 et avec plus de 2 milliards de comptes, il est fortement concurrencé par les vidéos au format court des autres réseaux sociaux même si les shorts (vidéos jusqu’à 1 minute) ont été lancées en juillet 2021. Il souffre par ailleurs de trop de publicité sauf si l’on adopte des formules payantes. Sa base gigantesque de vidéos en fait un moteur de recherche de vidéos prisés et incontournables pour par exemple des didacticiels ou démonstration de produits. Les vidéos en direct sont concurrencées par Twitch, propriété d’Amazon.

#6 TikTok

Seul réseau social parmi les 7 à être chinois (entreprise ByteDance qui propose pour la Chine son alter ego Douyin), les 6 autres étant américains, le réseau social a innové avec des filtres, une puissance de suggestion de contenu de vidéos courtes par son algorithme qui répond aux attentes supposées de ses membres. Très addictif, peu respectueux de dispositions du RGPD, son côté Big Brother avec scrutation des utilisateurs, en particulier les mineurs, est pointé pour des objectifs indéterminés. Il pourrait faire l’objet d’interdictions après celles faites à Huawei dans un monde où l’intelligence économique est souvent sous-évaluée. Celles-ci sont déjà effectives dans la fonction publique d’Etat. La date du 1er janvier 2024 est évoquée en France après une commission d’enquête du Sénat qui recommande dès à présent de l’interdire dans 12 secteurs d’importance vitale (Etat, armée, justice, énergie, transports, finance, télécoms, industrie, espace et recherche, gestion de l’eau, santé, alimentation).

#7 Snapchat

Initialement conçue pour envoyer des photos et des vidéos éphémères, l’application touche surtout les jeunes. Le chat et la géolocalisation de ses contacts a permis de nouveaux usages. Les 13-35 ans sont les plus nombreux. L’application a été pointée lors des récentes émeutes notamment la Snap Map qui permet de localiser les points chauds, c’est-à-dire les endroits où l’activité est la plus intense avec en cliquant sur ces zones, la possibilité de découvrir en temps réels les stories des personnes présentes sur les lieux pouvant enclencher une volonté de s’y rendre, etc. A noter pour les rassemblements pacifistes ou agressifs l’utilisation des messageries instantanées comme WhatsApp, Telegram ou Signal.

 

Considération pour les 7 réseaux sociaux majeurs et les autres

La question qui se pose – outre les évolutions fonctionnelles de ces outils et une certaine convergence des fonctions avec un passage vers des formules Premium – est celle de la possible modération ou censure voire coupure de certains réseaux sociaux. Le commissaire européen, Thierry Breton, a annoncé que dès le 25 août, pour lutter contre les contenus haineux, ceux-ci devront immédiatement être effacés. Or, il est illusoire de mettre un gendarme derrière chaque citoyen dans la vie physique. Il en est de même en ligne avec des risques de sur-modération privant l’internaute de contenu pertinent sans compter le coût de la modération humaine et/ou algorithmique.

En coupant un réseau social, comme par exemple Twitter qui véhicule des signaux faibles pertinents, cela relèverait d’une punition collective et entraverait gravement la liberté d’expression. Sous couvert d’une chasse à l’encontre des contenus haineux, ce qui est une volonté louable, on risque aussi de supprimer des contenus intéressants mais pas fidèles à la doctrine officielle du gouvernement en place. Enfin, le choix d’acteurs français et européens ne doit pas être occulté. Même si Viadeo et à un degré moindre Dailymotion ont décliné, il existe des solutions qui gagneraient à être connues (Whaller, Smartrezo, etc.).

 

Expert numérique et transformation digitale, directeur de projets innovation, auteur (Pro en réseaux sociaux, La transformation digitale pour tous !, etc.), conférencier.

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